HALTER, Marek

Biographie de l'auteur :

Marek Halter est né en 1936 à Varsovie, ville alors à quarante pour cent juive. Sa mère Perl est une poétesse yiddish, son père Salomon, un imprimeur, fils d'imprimeurs depuis des générations et dont le premier en date remonte au début du XVe siècle à Strasbourg, où il travaillait en compagnie de Gutenberg.

En 1940, juste avant la fermeture du Ghetto, grâce à des amis catholiques, imprimeurs comme son père, Marek Halter s'enfuit avec ses parents pour la partie polonaise occupée par l'Armée rouge. Après un court séjour sous les bombes à Moscou, la famille se dirige, via un kolkhoze des bords de la Volga et Almaty au Kazakhstan, vers l'Ouzbékistan, à la frontière de l'Afghanistan où Bérénice, sa petite sœur, meurt de faim. Tour à tour kolkhozien et hooligan, il vole pour sauver ses parents terrassés par la dysenterie et le typhus.

En 1946, à l'âge de dix ans et demi, Marek Halter retourne en Pologne où son père créé la première imprimerie yiddish d'après guerre. Avec ses jeunes camarades, Marek Halter participe à l’inauguration du monument à la gloire des combattants du ghetto de Varsovie. Mais la ville est détruite et aucun membre de la famille n’a survécu. Son père publie des annonces dans la presse française à la recherche d’un de ses frères qui a vécu à Paris. Grâce à lui, la famille obtient un visa et arrive en 1950 en France. Pour n'avoir connu que des systèmes totalitaires – le nazisme et le stalinisme – Marek Halter est surpris par la démocratie, mais s'en accommode rapidement.

A quinze ans, il commence par faire du mime avec Marcel Marceau, puis il est attiré par les arts plastiques : il fréquente assidûment le Louvre et en 1953, il est reçu à l'Ecole Nationale des Beaux Arts. Un an plus tard, il obtient le Prix International de Peinture de Deauville. Invité à exposer à Buenos Aires, il y reste deux ans et se lie avec le président argentin Peron. Mais il n'oublie ni la guerre, ni les persécutions, ni la famine et, de retour en France, il publie des articles, milite, intervient auprès des hommes d'Etat pour le respect des droits de l'Homme, contre l'antisémitisme et le racisme, et pour la paix au Proche-Orient...

En 1967, à la veille de la guerre des Six jours, Marek Halter est reçu à l'Elysée par le général de Gaulle et, pendant que les armées arabes encerclent l'Etat Juif, il lance un appel international en faveur d'Israël et pour la paix. Après la guerre, il fonde un Comité international pour la paix négociée au Proche-Orient auquel participent : Primo Levi, Alberto Moravia, Jean-Paul Sartre, Günter Grass, Elie Wiesel, Ernst Bloch, Saul Bellow, Italo Calvino, Iris Murdoch, Charles Percy Snow, François Truffaut, Jean-François Revel, Hannah Arendt, Eugène Ionesco... Président de ce comité entre 1967 et 1973, il se rend à plusieurs reprises au Proche-Orient pour tenter de convaincre les dirigeants israéliens et arabes de se rencontrer, d'entamer un dialogue. Tantôt au Caire, tantôt à Beyrouth ou à Jérusalem, il rencontre Golda Meir qui le prend en amitié, David Ben Gourion, Moshe Dayan, Shimon Pérès, Gamal Abdel Nasser, Mohamed Hassanein Heikal, Anouar El Sadate, Boutros Ghali, Yasser Arafat, Salah Khalaf (Abou Iyad)...

Durant la même période, il fonde la revue Eléments dirigée par sa femme Clara Halter. C'est la première revue à laquelle collaborent à la fois des Israéliens, des Palestiniens et des intellectuels du monde arabe.

En même temps, il est à l'origine de plusieurs campagnes internationales en faveur des dissidents dans les pays communistes et en faveur des Juifs d'U.R.S.S. En 1972, il créé un comité pour la libération de l'écrivain juif soviétique Edouard Kuznetsov, condamné à mort par le régime soviétique. Il sera libéré en 1979.

Pendant les années 1973-1974, Marek Halter est artist in residence à l’Université de Harvard où il donne un séminaire sur l’art et la politique. Pendant cette période, il collabore à plusieurs publications américaines, organise des expositions à Boston et New York.

De retour en France, en 1976, Marek Halter publie son premier livre, Le fou et les rois, relatant ses expériences au Proche-Orient, aussi bien les échecs que les demi-réussites. Le livre devient un best-seller et obtient le Prix Aujourd'hui, le Pulitzer français.

En 1978, il fonde un comité pour la libération du journaliste argentin Jacobo Timerman qu’il arrive à faire libérer de prison ainsi que le pianiste Miguel Angel Estrella. Il lance un appel pour le boycott de la Coupe du monde de football à Buenos Aires et contre le régime des généraux en Argentine. Le président de l’époque, Videla, répond par un réquisitoire contre l’écrivain devant le Parlement argentin. Mais c’est l’écrivain qui gagne. Quelques années plus tard, en 1983, il assiste à Buenos Aires à l’intronisation de Raúl Alfonsin, le premier président élu démocratiquement.

De même, face au durcissement du régime soviétique et à la persécution des dissidents, Marek Halter appelle en 1980 au boycott des Jeux olympiques de Moscou. Avec le violoncelliste Mstislav Rostropovitch il lance une campagne internationale en faveur d'Andreï Sakharov relégué à Gorki.

Il participe à la fondation de l'A.I.C.F (Action Internationale contre la Faim).

En 1981, il crée le comité Radio-Kaboul libre et se rend clandestinement avec Renzo Rossellini et Bernard-Henri Lévy en Afghanistan pour transmettre à la résistance afghane une station radio achetée avec les dons recueillis auprès du public français.

Il est l’un des premiers à soutenir en Occident le syndicat Solidarnosc en Pologne. Il achemine clandestinement un émetteur radio à Gdansk qu'il remet à Lech Walesa. C'est grâce à cet émetteur que le chef syndicaliste a pu appeler à la grève générale. Marek Halter se lie d’amitié avec Andrzej Wajda et fait connaissance de Bronislaw Geremek, Adam Michnik, Marek Edelman, Tadeusz Mazowiecki... et les survivants des réseaux catholiques de Cracovie Zegota (la Commission d'aide aux Juifs). De retour en France, il lance avec Yves Montand une campagne d’affichage pour sensibiliser l’opinion sur la lutte des démocrates polonais.

En 1984, devant la montée du racisme et de l'antisémitisme en France, il lance avec quelques jeunes le mouvement S.O.S Racisme qui compte aujourd'hui près de deux millions d'adhérents et s'étend à toute l'Europe. Le 15 Juin 1985, S.O.S Racisme organise, place de la Concorde à Paris, un concert de rock qui réunit plus de 400 000 personnes.

Le 5 mai 1985, Marek Halter se rend au cimetière militaire allemand de Bitburg à la tête de quelques centaines de jeunes gens pour protester contre la visite du président Reagan. Il publie dans Le Monde et La Repubblica (Italie) une série de reportages sur l'Allemagne, quarante ans après la guerre.

Entre-temps, il publie en 1979, Argentina, Argentina, un roman qui paraît en poche en 1980, et un livre illustré sur Mai 1968, Mais, avec Edgar Morin.

Enfin, après six années de recherches, il termine La Mémoire d'Abraham, le roman deux fois millénaire d'une famille juive – en partie la sienne – qui paraît en France au mois de novembre 1983. Cet ouvrage traduit en trente langues est vendu à plus de cinq millions d'exemplaires à travers le monde. Il obtient en France le Prix du Livre Inter 1984 et reste pendant huit semaines sur la liste des best-sellers du New York Times.

En juin 1985, il est reçu au Vatican par le pape Jean-Paul II avec qui il se lie d’amitié. C’est le premier d’une longue série d’entretiens en compagnie de l’archevêque Stanislaw Dziwisz. Il est également fait citoyen d'honneur de la ville de Sancino (Italie) qui abrita, voici cinq siècles, l'une des premières presses hébraïques du monde.

Au mois de janvier 1986, l'université de la Sorbonne à Paris et le centre universitaire juif Rachi consacrent un mois à Marek Halter autour du thème évoqué dans son livre La Mémoire d'Abraham : le retour du Judaïsme. Cet événement est placé sous le Haut patronage du président de la République française, François Mitterrand, et attire des dizaines de milliers d’auditeurs.

Croyant profondément en l'avenir de l'Europe, Marek Halter crée en 1982, en compagnie de Simone Veil, ancienne présidente du Parlement Européen, la Fondation Européenne des Sciences, des Arts et de la Culture (FESAC) dont il devient le président. Plus de cent créateurs parmi les plus célèbres composent le comité d'initiative de cette Fondation : Pierre Boulez, Montserrat Caballé, Maurice Béjart, Henri Moore, Franco Zeffirelli, Federico Fellini, Oriol Bohigas, Max Frisch, Leonardo Sciascia, Iris Murdoch, Eugène Ionesco...

En 1989, il publie la suite, très attendue, de La Mémoire d'Abraham :Les filsd'Abraham. C'est encore un best-seller.

En 1991, il publie un livre autobiographique, Un homme, un cri, récit de ses engagements et de tous ses combats, et, à l'occasion du cinquantenaire du soulèvement du Ghetto de Varsovie en 1993, La Mémoire Inquiète, uneévocation et une réflexion sur cet événement qui lui a fait connaître dès sa tendre enfance l'anéantissement d'un monde : le sien.

En 1991-92, il crée avec Andreï Sakharov les deux premières universités occidentales en Russie post-communiste. Tous les deux pensent que l’apprentissage de la démocratie passe par l’éducation. Ce sont les Collèges Universitaires Français de Russie, l'un à Moscou, l'autre à Saint-Pétersbourg, dont Marek Halter est toujours président. Ces Collèges abritent aujourd’hui plus de trois mille étudiants et ont à leur actif plus de vingt-cinq mille diplômés.

Depuis des années il s'intéresse au cinéma. En 1968, il réalise avec Alain Jomy un film à partir de ses dessins de mai 1968 commenté par Maurice Clavel. En 1976, il participe, à la réalisation d'un film à partir de son livre autobiographique Le fou et les roispour Antenne 2. En 1984, il réalise un documentaire pour Antenne 2 sur les fresques qu'il a peintes pour l'Université Technologique de Compiègne. En 1992, il écrit avec les cinéastes Alexandre Arcady, Diane Kurys et Jean-Claude Carrière, un scénario pour une série télévisée d'après son roman La Mémoire d'Abraham. Enfin, en l’an 2000, Marek Halter réalise pour France 2 un documentaire remarqué : Raconte-moi Jérusalem.

En 1992 et 1993, il participe activement à l’organisation des rencontres secrètes entre les Israéliens et les Palestiniens, d’abord à Paris puis à Oslo. Il est à l’origine des premières rencontres entre Shimon Peres, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.

En février 1994, il publie en collaboration avec l'écrivain Eric Laurent, une enquête sur ces négociations secrètes, Les Fous de la paixqui paraît aux éditions Plon/Laffont et devient un best-seller tant en Israël que dans le monde arabe.

En 1994, il réalise le premier film dédié aux Justes : Tzedek, les Justes. Film dédié aux femmes et aux hommes qui ont risqué leur vie pendant la Deuxième Guerre mondiale pour sauver des Juifs. Cela lui prend trois ans de recherche, un an de tournage ainsi que plusieurs mois de montage. Il est parmi les premiers à faire connaître à travers le monde les Justes polonais, parmi lesquels Irena Sendler. Lors du tournage en Pologne, il se lie avec Steven Spielberg qui tournait lui des scènes pour La Liste de Schindler. Ce film ouvre la Berlinale de Berlin.

Cette même année, il publie La Force du Bien, une introduction à l’histoire du Bien, aux éditions Robert Laffont, resté 14 semaines dans la liste des best-sellers en France.

En 1996, il obtient le prix national de la Littérature à la Fête du Livre de Toulon.

Depuis, Marek Halter publie plusieurs livres : Le Messie (1996) ; Les Mystères deJérusalem etLe Judaïsme raconté à mes filleuls (1999) ; Le Vent des Khazars (2001), publié sous forme de bande-dessinée aux éditions Glenat (2013).

Tous ces livres ont été traduits dans des dizaine de langues et ont figuré pendant des semaines dans la liste des best-sellers.

En 2003, le président de la République française, Jacques Chirac, nomme Marek Halter commissaire général de la participation française au Tricentenaire de la ville de Saint-Pétersbourg.

Enfin, sa trilogie sur les femmes de la Bible, Sarah, Tsippora et Lilah, publiée en France aux éditions Robert Laffont (2003-2004), et traduite dans 22 pays, a été un énorme succès à travers le monde et tout particulièrement aux Etats-Unis. Elle a suscité la création de plusieurs mouvements féministes.

En 2006, il publie Marie, livre dédié à l’enfance de la mère de Jésus. Il s'est vendu en France à plus de 170 000 exemplaires et a été traduit dans une vingtaine de pays. Malgré un regard nouveau posé sur ce personnage central de la chrétienté, il a obtenu le soutien des plus grands dignitaires de l’Eglise Catholique, y compris en Pologne.

Cette même année, la radio-télévision canadienne Télé-Québec tourne un film dédié à Marek Halter.

Un an plus tard, c'est au tour de la chaîne de télévision russe Rossiyade réaliser un documentaire dédié à l'écrivain : Marek Halter, fils de la Bible et d’Alexandre Dumas.

Par la suite, Marek Halter publie aux éditions Robert Laffont : Je me suis réveillé en colère (2007) ; La reine de Saba (2008, prix des Femmes de Paix au Festi-Live 2009) et Le Kabbaliste de Prague (2010), livre dont Gérard Pullicino a acquis les droits pour un film : Le Golem.

La même année paraît un livre illustré Histoires du peuple juif (Éditions Artaud Flammarion), The Jewish Odyssey dans sa traduction américaine (Editions Rizzoli New York),ainsi queles deux premiers volumes de la bande-dessinée tirée du best-seller de l’auteur : La Mémoire d’Abraham (Éditions Casterman).

En 2012 paraît L’Inconnue de Birobidjan (éditions Robert Laffont). Pour accompagner la sortie du livre, la chaîne de télévision France 5 diffuse le documentaire réalisé par Marek Halter : Birobidjan, Birobidjan ! (prod. MB Group Company - Moscou).

Une version inédite de ce film a été présentée au Festival de Cannes (hors compétition) au mois de mai 2012.

En 2013, paraît son livre Faites-le ! (éditions Kero).

Le 10 avril 2014, paraît Khadija, premier volume de sa trilogie sur les femmes de l'Islam (Khadija, Fatima et Aïcha, éditions Robert Laffont).

 

 

 

Bibliographie de ses livres :

Khadjira - Robert Laffont

La mémoire d'Abraham - Robert Laffont

Les mystères de Jérusalem - Robert Laffont

Le Messie - Robert Laffont

 

Faites-le - Kero

L'inconnue de Birobidjan - J'ai Lu

Le Kabbaliste de Prague - J'ai Lu

La bible au féminin tome 1, 2 et 3 - Pocket

Bethsabée - Pocket

La reine de Saba - Pocket

 

Marie - Pocket

L'odyssée du peuple juif - Librio

 

 

Éditeur de poche : Jai Lu - Kero


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